Les Ateliers du Vent

La Vilaine Vilaine

du 13 juillet au 15 juillet 2006

À venir
super 7 mai
Périscopages
La Vilaine Balade

Bal, concerts, ciné-concert, interventions poétiques, installations et théâtre d'objet.

2006-11-23-14-fot8.jpgle bal © A. Monfort

C’est sur les gravats, restes des immeubles du 25, 27 et 29bd Villebois Mareuil, que nous avons invité tout le monde pour une soirée apéritive. Sur un terrain grossièrement nivelé, au pied d’une immense grue jaune-orangée, environné d’immeubles en construction, bref, c’est dans un trou, que s’est déroulée la soirée. Dans ce cadre plutôt déroutant se sont croisées les créations d’Estelle Sämson et d’Erik de Roost, un point d’interrogation géant où poussait de l’orge, les projections de films de Alain Hélou sur la démolition-disparition du quartier et la musique du Bassi Kouyaté trio, musicien malien accompagné à la flûte par Jean-Luc Thomas et par le percussionniste Pierre-Yves Prothais. Trio certainement amusé du décalage et de l’ambiance indéfinissable, au milieu d’une foule se pressant pour le feu d’artifice tiré un peu plus tard par la ville de Rennes, lequel, usurpé par son altesse Chelouescu, dictateur en goguette.


La journée du 14 a été jalonée par l’œuvre de Cécile Richard qui a encollé un peu partout dans le quartier ses lapins goguenards (dessins au crayon sur papier, polycopiés) et par la présentation du travail de Nicolas Lelièvre, petites vidéos qui décrivent en s’amusant les avatars d’une ville en mouvement, d’un urbanisme raisonné (et raisonnable ?), tout en interrogeant poètiquement la place de l’homme, de la nature, dans ces grands et petits ensembles.


A 19h le la a été donné par Mistress Bomb H et La Vilaine branlée. Mistress, juchée sur un radeau avec le saxophoniste Daniel Pabœuf à ses côtés et La Vilaine branlée sur la berge (8 guitares électriques + 1 contrebasse !), a secoué le cours un peu trop tranquille et très sale du fleuve rennais. Loin des violonades champêtres, les sons électroniques ont parcouru la Promenade des Bonnets Rouges, interpellant les promeneurs, les joggeurs comme les personnes venues tout spécialement. Contrairement à ce que l’armada musicale pouvait laisser supposer, la répartition du son était d’une réelle qualité et le confort d’écoute assez inattendu. Mistress Bomb H a pu nous délivrer en toute subtilité son paysage sonore, beats saccagés, cliquetis électriques et ornements filandreux. Visuellement, une fois de plus le ton était vraiment décalé.

Pour la suite, Boule (le guitariste chanteur) et Caillou (percussionniste) ont donné dans un garage d’immeuble une nouvelle version de L’Opéra Potager. Kaomic, qui a ouvert la soirée, a promené sa silhouette dégingandée d’automate en compagnie de son assistante, tout deux sortis directement du XIXème siècle et balbutiant de technologie — surprenant aussi bien les grands que les petits. Charles Pennequin a donné une impressionnante et physique improvisation poétique ainsi que des lectures. Le FICTE (Festival InterCommunal de Trompette Expérimentale) incarné par Etienne Mortain a présenté une petite pièce solo déglinguée derrière un castelet qui n’aurait pas déplu à un James Ensor. Le marionnettiste Fabien Moretti a, quant à lui, déambulé sur les 3 jours tantôt avec ses grandes figures (taille humaine) au regard charismatique tantôt avec une formule “en valise” proposant un travail plus intimiste, plus en délicatesse en cours d’élaboration. Pendant ce temps, de l’autre côté de la Vilaine, les Ateliers du Vent ont servi 2 sets d’aPérOESIEs dans un nid de verdure idéal. Céline Le Corre et le body’ band a clôturé la première partie de soirée par une balconade décoiffante. Dans la version “a-shakespearienne” de Céline Le Corre, Juliette vitupère et Roméo prend ses cliques et ses claques sans moufter — musiques électriques et secouées, et des textes qui ne minaudent pas.

C’est Il Monstro, quatuor composé de Daniel pabœuf (saxophones), Christian Pabœuf (instruments à vent), David Euverte (piano) et Régïs Boulard (batterie), qui a terminé la soirée en accompagnant des courts-métrages de Charles Chaplin, sur des compositions de Christian Pabœuf. Cette fois-ci, nouveau lieu, nouveau cadre, nouvelle ambiance. Dans les jardins ouvriers, sur une parcelle bordée de grands arbres, les foins fraîchement coupés et fanés, installé dans un transat ou à même les foins, sous les étoiles par 23°, sirotant doucement sa bière ou son jus de fruit, avec la magie burlesque de Charles Chaplin et un orchestre rien que pour soi.


Le 15 juillet toute la soirée s’est ramassée sur un même lieu, sous le vieil auvent des anciens garages Villebois Mareuil, au bord de la Vilaine. C’est Grands Rapides (Christophe Ecobichon à la voix, Boule à la guitare et Hélène Le Corre au computeur) qui a ouvert la danse avec une mise en scène texte-musique haute en couleurs, en images, “chansons” aux accents littéraires (avec des élans rimbaldiens, burroughsiens). Ensuite, c’est De Kift et sa fanfare décalée qui est monté sur scène. Tout sourire, venu là pour distiller du bonheur et des couleurs (leur tenue de scène n’est pas passée inaperçue) et mettre le feu pour la dernière date de leur tournée. Morceaux piochés dans leur déjà longue discographie, mis en scène de manière farfelue et un rien bancal avec des effets téléphonés, introduction dans un français soigné (ils sont hollandais), test d’ambiance, ils donnent de la voix dans tout les sens pour encore mieux charmer leur public. Pour finir, le Bringuebal a emballé son monde pour le faire danser jusqu’au bout de la nuit (2h30, le bout de la nuit).

 

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À retenir
du 13/07/ au 15/07/2006
Quartier Villebois Mareuil

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