le 17 janvier 2008
On est encore là
ça c'est passé le jeudi 17 janvier de 19h. à 1h.30 et c'était très chouette — voici un petit bilan de cette très belle soirée.
On est encore là
Un titre évocateur pour définir une soirée.
Plus encore si on connaît bien le groupe NTM : « …prêts à foutre le souc et tout l’monde est cor-da ».
« Foutre le souc », peut-être pas — préciser qu’on existe, sûrement.
Depuis la soirée Carton en octobre 2005, l’association n’a plus rien présenté dans ses locaux, parce qu’en période de transition : déménagement d’un côté, remise au norme du nouveau lieu de l’autre. Ça ne nous a pas empêché quelques manifestations extérieures : Vilaine Vilaine, Un jour férié pour mardi gras pour remettre la France au carnaval, et les tournées des aPérOESIEs (en France et à l’étranger), la création théâtrale Natacha et Kouprianov (Lorient, Saint-Pétersbourg, Moscou), etc.
La soirée du Jardin Moderne était l’occasion de mettre un coup de projecteur sur la production artistique des Ateliers du Vent. Une soirée Psch( )tt où l’accent a été mis sur la production musicale (le Jardin Moderne étant avant tout un lieu dédié aux musiques actuelles).
Ainsi nous avons présenté un set « amélioré » d’aPérOESIEs (poésie dite, lue et chantée, formule que nous jouons dans les bars) l’occasion d’aller au charbon avec de nouveaux textes plus « lettristes », dans le cadre du café culturel du Jardin.
Notre présence ce soir là coïncidait avec celle des Frères Ripoulain qui “vernissaient” leur exposition. Le fait qu’il y ait une sorte de Monsieur Loyal comme fil conducteur de la soirée eut été une bonne idée, pour souligner la présence des artistes plasticiens et équilibrer un peu les temps impartis à chaque proposition (et notamment aux set des dj’s)
C’est ensuite The Body’band avec son moldovan project qui a pris place sur la grande scène. Céline Le Corre et ses accolytes ont fait le pari de ne présenter que des inédits autour de sons, d’images et de paroles récoltées. Textes sentimentaux, artistiques et politiques qui évoquent très bien l’état dans lequel on se trouve après un voyage comme celui-là. Un beau pari, un pari réussit qui laisse à souhaiter une longue vie à The Body’band tant il est vraiment original.
Avec son récit fantastique, Grands Rapides (conte rock) nous a entrainé sur ses routes nocturnes vers des lieux enfumés et hypnotiques, bien souvent électriques. Dévalant dans les descentes et crissant dans les virages, Christophe Ecobichon et ses musiciens (Cédrik Boulard et Mistress Bomb H) au style impécable nous ont entrainé dans ce road movie toujours très rock et bien balancé, pour nous laissé sur le pavé humide au petit matin, espérant que le jour se lève. Le travail de lumière de Laurent Poulain s’affine et s’affirme, un cinéma sans écran, sans film, juste le son et l’imagination.
Fannytastic est apparue toute douce et splendide dans les lumières de Sylvain Crozet (il a réalisé celles de toute la soirée excepté Grands Rapides). Ce qu’il y a toujours de surprenant avec Fanny, c’est la simplicité avec laquelle elle arrive à faire vibrer l’atmosphère d’une intense émotion, et comme elle peut en un tournemain bondir et faire gigoter la foule. Depuis 2 ans maintenant le trio (Régïs Boulard à la batterie et Louis Solers aux guitares) est bien rodé, la prose et les gimmicks sont rudemment efficaces : on en perd pas une goutte.
C’est à DPU qu’est revenu l’honneur de clore la soirée. Entendez par là Daniel Pabœuf Unity. Daniel Pabœuf, saxophoniste de renom, discret et exigeant, à tracé son sillon de Marquis de Sade à Trunks en passant par Tohu-bohu, Ubik, Sax Pustuls, Anches Doo Too Cool et Il Monstro (sans oublier Dominique A). DPU c’est le premier projet personnel de Daniel depuis bientôt vingt ans, c’est dire s’il lui tient à cœur. Ceux qui ont suivi de près comme de loin la carrière de Daniel relèveront sans difficultés ses aspirations et son inspiration. Il y a un style Pabœuf, c’est indéniable — ça tient aussi dans son déhanché, sa manière de jouer. Une pop énergique, des saxophones aux sonorités capiteuses, au bord du dérèglement, une mécanique de précision toutefois. Un homme de scène quoi !
A plein d’égards nous sommes satisfaits de cette soirée, par sa fréquentation bien sûr mais aussi par sa qualité. Les lumières proposées par Sylvain Crozet, fort de son expérience, étaient pleines d’imagination, toujours aussi subtiles (ce qui n’ai pas la majorité des cas en concert). Le son de Jacques-Yves Lafontaine était également parfaitement maîtrisé ; qualité d’écoute et niveau sonore dons nos tympans se délecte bien rarement.
Je nous lance des fleurs, car j’aurai bien tort de jouer les modestes pour une fois.
La soirée à également été émaillé de projection de films réalisés dans divers cadre (notamment pour Du Vent !)