Les Ateliers du Vent

Un jour férié pour mardi gras

le 5 février 2008

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La Vilaine Balade

mardi 5 février 2008, une seule chose : Remettre la France au carnaval

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Mieux vaut tôt que toujours : Mardi Gras 2009 c'est le 24 février. Une première réunion a eu lieu le 2 juin dernier, des octobre mise en place de réunions carnavalesques : à suivre donc. En attendant un petit résumé de ce qui s'est passé cette année et les années précédentes.

 

Pour la cinquième année consécutive nous avonc initié le Carnaval à Rennes. Progressivement la journée du renversement des valeurs creuse son sillon dans l'esprit des gens ; si le soleil le veut (ainsi que l'astre-média), l'année prochaine sera cataclysmique. Car oui, cette année, le temps n'a pas joué en notre faveur, des conditions climatiques exécrables la nuit précédente (pluie non-stop) qui ne se sont améliorées que vers 13h 30.


Le banquet a donc commencé au milieu de bourrasques et de grains sporadiques. A la première éclaircie, le nombre de participants au défilé a gonflé — 250 à 300 personnes, un chiffre important si on considère que le temps maussade a découragé bon nombre de frileux (à prendre dans tous les sens du terme).


La place de la mairie a été un axe très stratégique : d’une part celui du banquet et d’autre part celui du bal du soir.

Le banquet est un moment fort et convivial. La notion de banquet rime pour nous avec celle de « ripailles » et par extention l’idée de griller un cochon sur la place nous a séduit. C’est un cochon fermier, élevé avec soin et tendresse, qui a donc été tué pour l’occasion quelques jours plus tôt. Nous avons pu manger épaules grillées sur place, côtes de porc ou saucisses, pâtés maison et jambons accompagnés d’une poté de légumes, salades et soupe de pois cassés. Nous tenons ici à remercier Philippe (qui a préparé le cochon) et François Guyot (qui a préparé l’accompagnement) pour leur disponibilité et leur efficacité.

petit résumé de la journée

Le top-départ de la déambulation a été donné par les rats (6 personnes déguisés en rats) envoûtés par la musique d’un joueur de flûte, bientôt relayé par la fanfare Toucouleurs. Sur un rythme de samba, nous nous sommes rendus place Sainte-Anne pour prendre le métro direction la plage, comme chaque année.


De là, première station : Les nouveaux locaux de Rennes Métropole, « l’Hôtel Métropole » à l’accueil duquel nous avons demandé une chambre pour une sieste digestive excessivement méritée — la chambre étant trop petite pour accueillir tous les carnavaliers, nous nous sommes vautrés dans le hall d’entrée pour ensuite passer plus aisément au vote et à l’élection pour la mer à Rennes. Compte tenu du plébicite électoral, nous devrions entendre le bruit du ressac incessament sous peu.


Station 2 : La Gare, où nous sommes allés, en turfistes grotesques, parier sur l’arrivée des trains. Et l’occasion d’afficher péremptoirement le renversement des valeurs : nous avons tous fumé (même les non fumeurs) une cigarette dans ce lieu public.


Station 3 : Nous nous sommes rendus à l’Hôtel des impôts pour réclamer l’argent public. Mot d’ordre : « On veut du pognon ». Sous la pression, Fantomas a ainsi pu récupérer à la dérobée, une caisse entière de biffetons.


Station 4 : Une chaîne humaine s’est formée pour remettre cet argent au TNB (Théâtre National de Bretagne), au pied duquel s’est improvisée une session du célèbre jeu télévisé « Des chiffres et des lettres » sous la houlette de Jean-Baptiste Mocquelin dit Folière. Les lettres ont permis de révéler la véritable définition de l’acronyme TNB : « Temple Nombriliste de la Brioche », les chiffres de souligner ce qu’il en coute au contribuable d’une telle institution.


Station 5 : Nous avons, la tête haute, rampé pour la démocratie boulevard de la Liberté.


Station 6 : Arrivée à la Cité Judiciaire, Laïka, la chienne de l’espace, a embarqué et nous avons fait décollé le bâtiment.


Station 7 : Retour place de la Mairie : quelque fumée blanche nous avait mis la puce à l’oreille. Du haut de l’Hôtel de Ville, sur le balcon, ce qui était une rumeur s’est déclarée au grand jour : la papesse est apparue. Elle a béni la foule, excommunié quelque récalcitrant, puis invectivé silencieusement le monde de son bâton de pèlerin d’un déterminé « PRIEZ » avant que le « p » ne se décroche, et que la foule n’éclate d’un rire généralisé.

Elle est ensuite descendue dans la foule, bousculée par un candidat à la papauté (Prout XXXV, chibre odoriférant), pour accompagner la sortie du cercueil (oui, la voiture en tête du défilé était un corbillard) qu’elle a béni (décidément). Nous avons finalement procédé à l’ouverture du-dit cercueil qui contenait un cadavre en bonbons, instantanément dévoré par les petits comme par les grands.


Puis place au bal, très rock, très sale, et très… mouillé, puisque la pluie à remis ça.

La soirée s’est finie à partir de 21h. dans les bars partenaires le Henri cording bistrot, le Chantier, le bistrot de la Cité (avec intervention du DCA) le Bateau Ivre, Le Gazoline (avec le Projet Lafaille), la Bernique Hurlante et le P’tit Bazar.

Bilan

Evidemment, comme tous les ans, nous considérons qu’une journée comme celle-là est salutaire. Nous avons pu tâter le pouls de nos concitoyens, notamment pendant la « campagne » d’affichage et de dépôt des flyers, sur le marché, dans les commerces, et un irrépressible besoin d’exprimer quelque chose d’imprononcable (un mécontentement, un hurlement, un pétage de plomb ?) s’est ressenti. Malheureusement, beaucoup ne mesure pas encore la qualité d’une journée comme celle-ci. Un jour Férié pour Mardi Gras, c’est inutile donc nécessaire. La notion de renversements des valeurs n’est pas l’objet d’ados attardés ou d’anarchistes en mal de « foutage de bordel », c’est une remise en question de la place du citoyen dans la société, une interpellation, un questionnement des droits et devoirs de chacun, poussé au paroxysme le temps d’une journée . Il n’y a pas que le vote électoral pour s’exprimer démocratiquement (n’en déplaise à certains), il y a des actions comme celle-là, de permissivité absolue, qui imposent intrinsèquement leurs limites. Faire sauter la soupape ce jour-là, c’est faire un appel d’air pour tous les autres, ça vaut toutes les cures, et surtout, 6 mois de traitement en gélules.

Nous regrettons, somme toute, qu’il n’y ait pas eu plus de monde (c’est vrai, c’est un mardi, hors période vacances scolaires, ajoutez la pluie…), ce n’est pas très encourageant pour la suite ; et d’autant moins que les rues de la ville étaient relativement désertes et tristes le mardi dans la nuit. Tout ça manque de sourire et de volonté ?

En résumé, soyons inflexibles, un mot d'ordre seul valable : déguisons-nous, dé-crisons-nous.

Cette année, quelques nouveautés pour tenter d’inoculer plus fermement le virus carnavalesque et l’idée de renversement des valeurs. Tout d’abord en inaugurant un bal du soir sur la place de la mairie, et puis en instiguant un partenariat avec les bars qui restent des relais essentiels ; d'autres partenaiat avec d’autres structures sont envisagé l'année prochaine (reste à voir la forme que ça peut prendre). L'importance d'un lieu commun où tous les carnavaliers se retrouvent pour danser a manqué cette année.

Concernant le défilé, on pourra faire encore un peu plus cours et réduire les actions avec matériel et accessoires divers (c’est très vite la panique !)

Tout cela ouvre un gros chantier pour l’an prochain. Dès juin 2008 une réunion sera fixée pour les premiers préparatifs de Mardi Gras 2009.


A la page des remerciements : merci à Mika et Cécile qui ont prêté mains fortes pour l’atelier de création de costumes ainsi qu’à Chloé. Que soient ici remerciés également l’ensemble des personnes bénévoles qui a facilité le bon déroulement de la manifestation.

 

D'autres infos et des commentaires sur le blog des Ateliers du Vent

Un défilé ?

Petit résumé des épisodes précédents, voici la liste déjà longues des actions menées :

  • • Fait une maxi-queue devant l’ANPE
    • Fait la pute à la DRAC
    • Dealé (des friandises) place Sainte-Anne
    • Fait le pied de grue devant le Centre d’Information à l’Urbanisme
    • Bu de l’eau devant la Préfecture de Bretagne
  • • Sifflé la Marseillaise devant l’hôtel de Police
    • Rien acheté à la Fnac
    • Bullé place de la Mairie
    • Joui devant le Centre d’Art Content pour Rien
    • Jeté une subvention en pièces de un centime d’euro
    • Inauguré les Champs Libres (nouvel équipement culturel rennais) un an avant les officiels
    • Dit oui à l’érection des “ Lents Chibres ” (cf ci-dessus)
    • Détourné le métro pour aller à la mer
    • Prèché à genou devant le Saint-siège de Ouest-France Haute Incarnation de Sainte-Marie-de-la-Peur
    • Fait les poules et laissé des plumes devant le comissariat de police
    • Visité le musée Monoprix
    • Rampé pour la démocratie boulevard de la liberté
    • Fait une manifestation tautologique
    • Ri vingt minutes devant le portrait du Président de la République Française
    • Ri devant le Parlement de Bretagne
    • fait une action écologique en jetant en offrande à Dieu-Sait-Qui des poissons panés dans la Vilaine
    • Fait les moutons devant France 3
    • Fait une pêche miraculeuse dans les eaux pourries de la Vilaine
    • Léché (littéralement) les vitrines des grands magasins
    • Prié à la Sainte consommation dans la galerie marchande “La Visitation”
    • vu Saint-Précaire marcher sur les eaux de la Vilaine (fleuve caché sous le béton à Rennes)

 

vous pouvez aussi télécharger le dossier de presse ci-dessous.

 

 

 

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le 05/02/2008
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