le 28 février 2006
Remettre la France au carnaval
Cette année, le défilé eut lieu entre les gouttes. Entre 150 et 200 personnes ont défilé toute la journée dans les rues de la ville. Dès midi nous nous sommes retrouvés pour l’habituel banquet place de la Mairie autour d’une soupe de poisson, puis déambulation : première station, le commissariat de police devant lequel nous avons fait les poulets (à grand renfort de caquettages et avec lancés de plumes intempestifs), puis nous avons pris le métro pour aller fermer les Champs libres (Nouvel équipement culturel de la ville de Rennes) après les avoir inauguré l’an passé. Temps fort de la journée : visite du musée Monoprix, nous nous sommes engouffrés dans le supermarché pour ne toucher qu’avec les yeux (amuser les caissières et inquiéter la sécurité), ensuite nous avons rampé pour la démocratie boulevard de la Liberté, fait les moutons devant les locaux de France 3, pour finir en apothéose place du vrai-faux Parlement de Bretagne avec la pose d’une stèle (de 400kg) gravé de notre revendication : UN JOUR FÉRIÉ POUR MARDI GRAS, avant d’éclater de rire avec grandiloquence.
Le marathon a continué pour l’équipe des Ateliers, salle de la Cité pour la préparation de la soirée Teknibal. Un teknibal avec un léger parfum de dictature. Et comme toute dictature qui se respecte nous n’avons pas lésiné sur les moyens, simplement fait dans la démesure. La salle de la Cité a été transformée en temple de la dance : tour centrale de 5 mètres de haut pour y percher les Dj’s (Dj Saïtham, Mistress Bomb H, dj Manou, dj Fablet et Barbatrax) ainsi qu’à l’étage inférieur les régies son et lumière, et projections vidéos sur le thème de la soirée (diktature featuring petits fours).
C’est dans un costume clinquant que Sa Grandeur Chelouescu a fait son apparition, entourée de la nomenklatura et des stakanovices (c’est à dire des bénévoles) dans des costumes d’une excentricité solenelle. Chelouescu a rebaptisé la “salle de la Cité” en “Maison du Peuple”, puis, plus tard dans la soirée, nous a honorer d’un discours mémorable. Le tout entrecoupé d’interventions extrêmes : torture d’un opposant, esclaves mis au supplice, chorale des stakanovices, attentat et putsh, etc.
Dans l’ensemble le temps pluvieux et les vacances scolaires ont certainement démobilisé. Toutefois 400 personnes se sont déplacées pour le teknibal masqué. Ne désespérons pas, progressivement, très certainement, tous les rennais et ille et vilains apprendrons à se déguiser, se dé-criser, se renverser.
En conclusion, plus que jamais se mouvement de renversement des valeurs, de déambulations foutraques, nous semble nécessaire.