Les Ateliers du Vent

Les aPérOESIEs en Roumanie et en République de Moldavie

du 10 novembre au 20 novembre 2007

À venir
DPU
Les aPérOESIEs
Grands Rapide

Et les yeux vers l'est...

2007-112844-couv.jpgRelicats

Mardi 20 Novembre 2007- 19h40 - atterrissage à Roissy-Charles de Gaulle du vol Zürich/Paris. A son bord les 4 apéroètes (Christophe Ecobichon, Régis Guigand, Alain Hélou et Céline Le Corre), l'administrateur de l'association et manager tout terrain (Manuel Guillon), et un dessinateur (Nylso)

Quelques heures plus tard nous nous dirigeons vers l'ouest de la France — à l'exact opposé d'où nous nous situions 30 heures plus tôt : la République de Moldavie.

Nous sommes partis le samedi 10 novembre au petit matin, et à peine arrivés à l'aéroport de Bucarest (Bucuresti), nous avons sauté dans un monospace direction Sibiu (270km) avec un chauffeur très à l'aise en ligne droite comme dans les virages (il y a une voiture qui arrive en face c'est pas grave on double quand même), le port de la ceinture vécu comme un affront (par tous les conducteurs en général), plus de 5 heures de routes et un couché de soleil magnifique à travers la forêt dénudée, sur des pré-Carpates aux flancs cuivres et ors. Un paysage aux maisons colorées — bien loin, très loin de celles uniformes et bêtes qui ravagent nos campagnes en "lotissements".

Sibiu

Sibiu est une ville splendide, avec de forts accents austro-hongrois dans son apparence ; des rues propres et belles, façades ravalées à la volée… eh oui! Sibiu est la Capitale Culturelle Européenne 2007 (CCE 2007)… une sorte de petite Rennes roumaine — pas étonnant que ces 2 villes soient jumelées !

Nous avons été agréablement accueillis et managés par Sylvain Audet, lecteur à l'Université de Sibiu depuis 2 mois. Dès le premier soir nous avons pu assister à un concert de a) J.S.Bach b) J. Brahms c) Scorpions d) Michel Houellbecq. (réponse en bas de page). Nous avons été chaleureusement reçu par le directeur de la bibliothèque ASTRA (créée en 1861, ASTRA : ASsociation TRAnsylvanienne pour la littérature et la culture populaire roumaine : institution exemplaire dans le pays) dans la nouvelle aile de laquelle nous avons joué les aPérOESIEs.

On regrette qu'il n'y ait pas eu plus de monde. Mais Sibiu (en tant que CCE 2007) a démultiplié les propositions artistiques et culturelles : les autochtones sont rassasiés !! En filigrane, un constat malheureux, la francophonie a du plomb dans l'aile…

Nylso quant à lui, a d'ores et déjà arpenté la ville muni de son bloc papier et de son crayon rotring, et nous a croqué en plein apéroésie.

sibiu-focsani via ploiesti

Départ de Sibiu au petit matin dans une gare en chantier — et un levé de soleil envoûtant et inoubliable sur les Carpates, certainement angoissant et inquiétant quand on plonge dans nos clichés "draculesque". Nous nous sommes progressivement enfoncés dans les montagnes pour découvrir un paysage enneigé (notez qu'il a neigé à Sibiu le lendemain de notre arrivée). Les Carpates sont des montagnes plus massives, plus trapues dirais-je, que les alpes comme des dos de mammifères inquiétants par endroit, tubercules minérales en d'autres.

Arrivés à Ploiesti (prononcer ployèchti' — avec un i presque muet), nous avons réussi à nous tromper de correspondance (oui, nous nous sommes mis à 6 pour y arriver) et avons pris le train personnal (en place du rapide) qui s'arrête dans plusieurs petites gare de campagne. Ça nous a permis de rire comme des baleines dans un premier temps (oui, ça, nous avons beaucoup ri pendant ces 10 jours : c'est un moindre mal, non ?)

Ce trajet en train est de loin le plus beau de notre périple. Paysage superbe, découverte et rencontre de la population des campagnes roumaine, lucarne sur la vie des gens — comme un autre temps, racines du temps. Un paysage émouvant, parce qu'on s'y retrouve profondément.

Malgré la froidure de ces premiers jours, le coup de crayon de Nylso c'est ragaillardi, comme nos yeux.

Focsani

Mardi 13 novembre, arrivés à Focsani (prononcer fôkchani' - toujours avec le i presque muet), nous avons été réceptionnés par la bibliothécaire Ana-Maria Popa. Hommage lui soit rendu dans ces quelques lignes puisque c'est grace à son profond désir de nous faire venir et à sa pugnacité que nous avons envisagé cette mini tournée.

Nous avons été accueilli comme des princes, la presse nous annonçait comme le truc à ne pas louper. Résultat : nous avons joué dans un bar bondé, avec une pression maximale sur les épaules !! Mais je pense que nous avons relevé le défi, ç'aura été la meilleure session "apéroétique" sur les 4 de notre virée roumano-moldave. Nylso lui a pu dessiner, sur l'esplanade, le café où nous jouions, et interloquer par sa présence discrète, les passants curieux de Focsani.

Nous regrettons d'autant plus de n'être passé qu'en coup de vent à Focsani ; aussi parce que la ville nous a fait une très bonne impression (paisible, comparée à l'infernale Bucarest). Il nous aurait bien plu de passer ne serait-ce qu'une journée de plus et de découvrir la campagne alentour. Ce sera l'année prochaine donc.

Focsani-Chisinau via la frontière

Mercredi 14 novembre 23h05, nous avons pris le train couchette pour la Moldavie (9 heures de train pour 300km). Un magnifique train pour un vrai voyage, décoré de petits rideaux aux fenêtres, avec tapis au sol et chauffé à la lignite — une chaudière se trouvant à l'extrémité de chaque wagon est alimentée à la pelle par le chef de wagon… et puis vers 3heures du matin : contrôle passeport et changement d'essieux (eh oui! les rails moldaves ne sont pas les mêmes que ceux roumains). Arrivée embrumée au petit matin à Chisinau, 8 heures, sous la pluie.

Chisinau

Nous appréhendions notre retour à Chisinau (prononcer Kichinâw) ; peur de ne pas y retrouver les parfums et l'impression agréble que cette ville, comme toute la Moldavie d'ailleurs, nous avait laissé. Cette impression a refleuri sitôt sortis de l'hôtel Turist pour parcourir les rues.

Retrouvaille avec Adrian Cibotaru et l'équipe de l'Alliance Française. Petit passage chez l'Ambassadeur de france en République de Moldavie pour fêter le beaujolais nouveau !!! Puis retrouvaille en soirée dans un café avec Lilia Dragevna du [KSA:K] (Centre pour l'Art Contemporain) avec qui nous avions amorcé quelques échanges l'an passé — lequel [KSA:K], organisait une rencontre à Bender en Transnistrie, à laquelle nous étions conviés.

  • La transnistrie a proclamé son indépendance par rapport à Chisinau (non reconnue par la communauté internationale), et demande son rattachement à la Russie ou à l'Ukraine (je vous laisse cliquer sur ce lien pour vous informer sur ce qu'est le pataquès transnistrien — et vous incite à lire la toponymie sur le lien qui suit, pour comprendre pourquoi, par exemple, ce pays est le dernier d'Europe à ne pas faire partie de la CEE — Moldavie).

Tiraspol

Jeudi 15 novembre 10h. Départ pour Tiraspol, "capitale" de la Transnistrie — voyage sur des routes en fichus états dans une camionette aux suspensions en fin de vie — paysage tressautant. Il faut toutefois rappeler ici cette lumière particulière, ciel bleu délavé, trainées de nuages contrastants avec cette terre brune et les rousseurs de l'automne : un poème quoi !

Arrivés au poste frontière, la poésie s'affaisse et la kalchnikov impressionne ; le garde frontière transnistrien est, qui plus est, particulièrement chatouilleux semble-t-il. Faucille et marteau. Soyons fiers de notre pays. Inscriptions exclusivement en alphabet cyrillique transnistrien. Check-point avec camouflages. Statues de Lénine. Stations service Shériff, stade de foot Shériff (propriétés du Président déclaré). Tanks. On traverse la ville, peut-être un autre monde : il ne s'agit pas d'un musée. Nous sommes dépotés à l'université, et là, chaleureusement accueillis par Galina Azemco (Chef de la chair de philologie romane) puis nous rencontrons les professeurs de français de l'Université (moment chargé d'émotion).

Il est toujours difficile de se représenter les choses, se représenter une dictature (ouh le méchant mot que personne ne prononce jamais là-bas) ou quelque chose de similaire est impossible. Quand on EST LÀ, impossible, même au plus fort de sa conscience, de RÉALISER. Ces choses-là sont sans consistance dans le présent incarné. Mais à force d'écouter, d'observer, de réfléchir sur tout ce qui s'est passé, on ressent désagréablement de quelle façon quelque chose de gluant s'est imiscé dans chaque parole, dans la manière d'être par défaut… étrange poison inoculé. Difficile aussi de ressentir l'impadt de notre jeu — jusqu'où la poésie est-elle subversive ? Nylso n'a pas réussi à tirer un seul bon dessin d'après lui. Nous sommes partis comme nous sommes venus, en trombe, sans pouvoir nous promener et visiter la ville — ici, à Tiraspol, des gens disparaissent, légende et réalité, cela suffit à tous pour se tenir à carreau.

retour à chisinau

Jouer dans la bibliothèque Hasdeu a été moins concluant que l'an passé, ce à plusieurs titres. Primo la configuration du lieu n'était pas génial, deuzio le personnel de la bibliothèque était largement moins impliqué, tertio nous commencions à accuser le coup d'une semaine de voyage intense, quarto à accuser le coup des excès de la veille au soir… Malgré tout ça mélangé, c'était aussi l'occasion de partager un moment poétique avec Emilian Galaïcu-Pan, poète moldave rencontré l'an passé et co-organisateur de la soirée.

Le dimanche 18 novembre, nous nous sommes rendus dans les locaux du [KSA:K] pour y rencontrer des artistes moldaves (la rencontre à Bender en Transnistrie a été annulé puisqu'en tant que ressortissant français, accéder au territoires transnistrien est chose délicate). Pendant près de 5 heures, nous nous sommes présentés et avons découvert le travail de plasticiens, poètes et cinéastes (voir les liens à suivre, je fais ça bientot), toujours est-il que nous avons tous été très emballés.

Nous sommes repartis en France très motivés pour organiser quelque chose autour de la création moldave dans nos locaux. Beaucoup de désir, d'envies et d'idées…

Nous avons relié Chisinau à Rennes en 30 heures ! Heureux ! Vous pouvez déjà retrouver les dessins de Nylso sur son blog. Il estime ne pas avoir dessiné beaucoup, mais il s'est pleinement impliqué dans la tournée et nul doute que ses dessins futurs seront imprégnés de ce séjour à l'est. Vous pouvez aussi laisser vos commentaires sur notre blog, que nous allons fournir en photographies et témoignages — http://ateliersduvent.com//blog/

Pour conclure et en guise de remerciement, un grand bravo à Manuel, notre administrateur de choc, qui a su organiser et mener cette tournée tambour battant. Nous en sortons fortifiés et plus que jamais enthousiasmés. C'est sûr, nous retournerons vers l'est, et de nouvelles choses vont encore se passer.

Ce témoignage a été écrit par Régis.

réponse : c) Scorpions, en concert gratuit et que nous avons vu de loin en vérité (juste écouté un titre de l'album "Black out" de 1984)

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À retenir
du 10/11/ au 20/11/2007
Aux Ateliers du vent

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Les Ateliers du Vent, 59, rue Alexandre Duval (anciennes usines Picard) - 35 000 Rennes - Tél.: 02 99 27 75 56